15 septembre 2011
Observatoire du Paludisme: carte de visite

Raison sociale: Projet de souveraineté sanitaire (4).
Lieu de naissance: Brazzaville.
Zone de couverture: Congo-Brazzaville – cf. Advocacy for a Malaria Observatory in Congo-Brazzaville (Michel ODIKA, Human Development Project, 2010).
Champ d’action: Santé publique (18,19) – cf. Observatoires du Paludisme: carte à jouer (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
Champs d’intervention: Sécurité et responsabilité environnementales (14) – cf. Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
Options et orientations majeures: Intégration et cohésion sociales (9,10,11) – cf. Paludisme: gratuité des soins en question (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
Finalité: Alternatives de développement durable et équitable, à optimiser, autant que possible, en… perspectives de progrès et d’économies d’échelle – cf. Regards croisés sur le paludisme (Michel ODIKA, La Libre Belgique, Bruxelles, 2010).
Légitimité politique: Souveraineté sanitaire (4) – cf. African Summit on Roll Back Malaria (World Health Organization, The Abuja Declaration and the plan of action, 2000).
Légitimité et continuité historiques: Hommage à tous ceux, nombreux, célèbres et anonymes confondus, qui ont, positivement, contribué à combattre le paludisme…
Légitimité morale: Réduction des ratios de mortalité (1) et de morbidité (19) imputables au paludisme…

Ambition du projet: Cultiver, en permanence, le sens exercé au discernement des choses et de leurs causes profondes (6,7,8,20).
Vocation: Promotion d’une « architecture et infrastructure du futur », tenant lieu de point d’appui à cinq piliers fondamentaux.
I. Plate-forme de réflexion et d’action (17).
II. Feuille de route à dérouler en... cahier de charges.
III. Institutionnalisation de la réponse multisectorielle, à la lutte contre le paludisme (13).
IV. Redéploiement des ressources disponibles, au profit des véritables enjeux et défis (2,3,12).
V. Modèle innovant de gouvernance et de leadership (9,10,11,16).
Par ailleurs: Espace d’échange et de discussion. Ajoutons: « ouvert au plus grand nombre d’acteurs et intervenants »…
Concepteur du projet: Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Références en appui au projet
1. Ending Malaria Deaths in Africa (Jeffrey SACHS, Scientific American, 2007).
2. WHO/World Malaria Report 2009.
3. WHO/World Malaria Report 2010.
4. Observatoire du Paludisme: projet de souveraineté sanitaire (Michel ODIKA, Projet de société, République du Congo, 2011).
5. Observatoire du Paludisme: genèse et exégèse d’un projet (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
6. Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
7. Paludisme: forteresse de l’aide au sous-développement (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
8. Malaria Observatories: Alternatives to Development Aid (Michel ODIKA, Malaria Atlas Project, 2011).
9. Malaria Observatories: Focus on the Millenium Development Goals (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
10. Malaria Observatories: MDGs-based Platforms for Africa (Michel ODIKA, Malaria Atlas Project, 2011).
11. Malaria Observatory: MDGs-based Process for Progress (Michel ODIKA, Harvard School of Public Health, 2011).
12. Malaria Funding Requirements (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
13. Malaria Response: Call for New Institutional Landscapes (Michel ODIKA, Harvard School of Public Health, 2011).
14. Malaria Observatory Project: Premium on Eradication (Michel ODIKA, Harvard School of Public Health, 2011).
15. Socio-économétrie du paludisme (Michel ODIKA, La Libre Belgique, Bruxelles, 2010).
16. Hôpital: régulateur défaillant des enjeux de santé (Michel ODIKA, Nouvel Observateur, Paris, 2011).
17. Malaria Response: Space for Reforms (Michel ODIKA, Malaria Atlas Project, 2011).
18. From malaria control to eradication (Kamini MENDIS, Tropical Medicine and International Health, 2009).
19. Estimating trends in the burden of malaria (Richard CIBULSKIS, American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 2007).
20. Reducing health care costs by reducing the need and demand for medical services (James FRIES, New England Journal of Medicine, 1993).
09 juillet 2011
Observatoire du Paludisme: genèse et exégèse d'un projet
A l’échelle d’un pays, le paludisme demeure un baromètre des pressions environnementales et sociales, un indicateur de la précarité économique et financière des populations, ainsi qu’un marqueur de l’efficacité des politiques, des systèmes et des services de santé (15,16,17).
Tableau I. Grille de lecture du paludisme.
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Première maladie globalisée et mondialisée de l’histoire Enjeu géopolitique et géostratégique Thématique et problématique multisectorielles Dynamique et symbolique multidimensionnelles
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Réalités et spécificités
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Anticipations et projections | |
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- Enjeu de santé publique - Défi de sécurité environnementale - Obstacle à la cohésion sociale - Problématique de développement
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- Baromètre des pressions environnementales et sociales - Indicateur de précarité économique et sociale - Marqueur d’efficacité des politiques de santé - Paramètre de gouvernance
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- Appel au sursaut - Exhortation perpétuelle - Incitation au soupçon d’autre chose - Invitation à la réflexion critique |
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Question globale à laquelle nous ne pouvons apporter qu’une réponse globale…
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Réalités et spécificités à optimiser...
De nos jours, face aux défis, nombreux et complexes, qui se présentent, un Observatoire se révèle être l’une des alternatives à explorer, et éventuellement à… exploiter, en vue d’une gestion globale et, partant, optimale du paludisme…
Quoi penser d’autre du bien-fondé d’un Observatoire du Paludisme? Plus qu’une « initiative ponctuelle aux lendemains incertains », il faut surtout y voir une « initiative citoyenne » à inscrire dans la continuité d’un projet, dans une perspective globale, ainsi que dans la cohérence d’une vision d’ensemble…
Préambule...
A la base, le projet d’Observatoire du Paludisme correspond à un étagement de plans et un enchevêtrement de perspectives prenant appui sur 4 piliers, c’est-à-dire, concrètement et brièvement, une:
1) Plate-forme de réflexion et d’action;
2) Autorité de planification, de gestion, de coordination et d’évaluation de la prise en charge du paludisme;
3) Solution globale et intégrée en réponse à des questions d’architecture et d’infrastructure;
4) Institutionnalisation
- des partenariats;
- des réseaux;
- de la collaboration et participation des acteurs;
- de la coordination et intégration des activités.
Plus que jamais, des Observatoires du Paludisme (1,2) s’imposent. Raison pour laquelle je m’intéresse à la « chose », au point d’y avoir consacré un… projet, dans le but d’en doter le Congo-Brazzaville (12,13,14), les enjeux et défis étant – c’est peu dire, énormes (3)...
Que dire alors du projet et, surtout, quoi en penser? Elément de réponse: ce projet correspond dans l’ensemble à une plate-forme de réflexion et d’action. Ce qui en fait, bien plus qu’une « initiative ponctuelle », une « initiative citoyenne » à concrétiser en directives - autrement dit en alternatives et perspectives – politiques, dans ce qu’il y a de plus crédible, le paludisme étant, « bien » plus qu’un « simple problème de santé publique », un enjeu de sécurité nationale et de cohésion sociale (3).
Quel que soit l’angle de vue sous lequel on aborde le sujet, le projet à mettre en chantier a l’ambition et la vocation de s’imposer comme solution globale et intégrée en réponse à des questions d’architecture et d’infrastructure (4). De quoi s’agit-il donc? De quoi parle-t-on?
Cœur du sujet et du… projet
L’ossature du projet se décompose en « architecture » et en « infrastructure ».
Options et orientations du projet...
L’architecture de l’édifice à construire s’épanouit en deux principales échelles de perception, à partir desquelles se déploie, instructive et suggestive, une plate-forme alternative de prise en charge, c’est-à-dire, concrètement et brièvement: une plate-forme de questionnement et de mise en perspective faisant corps avec une plate-forme en appui à des réformes de fond, sur quoi se greffe, indissociable et interdépendante, une plate-forme d’analyse et d’expertise faisant corps avec une plate-forme évolutive et interactive...
Sujet relevant d’une brûlante actualité, tout en s’inscrivant dans une continuité historique, l’infrastructure du projet d’Observatoire du Paludisme correspond à un double aperçu, l’un étant global et l’autre mondial.
De l’aperçu global se dégage un modèle innovant de gouvernance, autrement dit un cahier de charges novateur et des atouts majeurs.
De l’aperçu mondial dérive une alternative de développement à matérialiser, pour peu que le projet puisse se réaliser, en perspectives de progrès, le projet ayant vocation à être en phase avec l’agenda international du développement, notamment avec six des huit – donc la quasi-totalité – Objectifs de Développement du Millénaire (5).
Tableau II. Observatoire du Paludisme: tremplin vers les Objectifs de Développement du Millénaire.
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Alternatives de développement
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Perspectives de développement | |
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Objectifs sanitaires
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Objectif IV
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Réduction de la mortalité infantile |
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Objectif V
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Amélioration de la santé maternelle et infantile | |
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Objectif VI
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Lutte contre le… paludisme | |
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Objectifs Sociaux
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Objectif I
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Eradication de l’extrême pauvreté |
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Objectif VII |
Promotion de la sécurité et responsabilité environnementales
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Objectif VIII |
Partenariats pour le développement à une échelle globale et mondiale
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Le paludisme étant un champ d’action et d’intervention à recadrer, le projet d’Observatoire à lui consacrer, en tant que recadrage de prise en charge, procède de deux échelles de perception qui, pour être distinctes, n’en sont pas moins complémentaires et convergentes, en termes d’enjeux et de perspectives…
Tableau III. Observatoire du Paludisme: échelles de perception.
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1e Echelle de perception
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Plate-forme de réflexion et d’action
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2e Echelle de perception
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Plate-forme alternative de prise en charge
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3e Echelle de perception |
- Plate-forme d’analyse et d’expertise - Plate-forme évolutive et interactive
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- Plate-forme de questionnement et de mise en perspective - Plate-forme en appui à des réformes de fond
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La première échelle de perception se structure en niveaux de réflexion à l’origine d’une plate-forme de questionnement et de mise en perspective qui, faisant corps avec une plate-forme en appui à des réformes de fond, tient lieu de support à:
- un constat et postulat de départ;
- une idée-force au service d’un idéal de progrès;
- une invitation à cultiver le sens de la nuance;
- des évidences à optimiser et concrétiser en exigences à capitaliser.
Constat et postulat de départ à la base du projet…
La prise en charge du paludisme, au Congo (c’est aussi le cas ailleurs en Afrique), est aujourd’hui dispersée entre plusieurs secteurs d’activité, soit autant d’acteurs manifestement déconnectés et/ou désarticulés dans leurs initiatives et interactions, quoique potentiellement complémentaires et convergents dans leurs perspectives et projections. En résulte, inéluctablement, une dispersion de précieuses ressources (humaines, financières, techniques…)…
Idée-force et idéal au cœur du projet…
Toute la question, actuellement, est de « renforcer les capacités institutionnelles à recoller des morceaux éparpillés », l’enjeu étant (cf. supra) la mise en place d’une « Autorité de supervision »…
Invitation à cultiver le sens de la nuance...
En matière de prise en charge du paludisme, le problème de fond qui se pose, et qui s’impose ainsi à la réflexion critique, n’est pas en soi un problème de ressources, ni du reste un problème d’hommes (« ressources humaines », notion que je n’affectionne pas spécialement…). En revanche, peut poser problème le contexte global dans lequel les hommes et les ressources sont amenés à se déployer, le Congo disposant actuellement des hommes et des ressources qu’il faut…
La seconde échelle de perception renvoie à une grille de lecture qui se déploie en plate-forme d’analyse et d’expertise faisant corps avec une plate-forme évolutive et interactive. En résultent un étagement des plans et un enchevêtrement des perspectives, d’où se dégagent:
- un double but;
- une feuille de route;
- un consensus de prise en charge;
- un processus de réaménagement des politiques et stratégies de lutte.
A rappeler, quitte à le marteler avec la résolution et la détermination qui conviennent: le but ici visé est double, le premier, global, étant de réduire, significativement, les ratios de mortalité et la morbidité, notamment les hospitalisations (coûts financiers inclus) imputables au paludisme.
Le second but, spécifique, vise à réajuster, ou affiner, en temps réel, les mécanismes d’allocations et réallocations des ressources (6) à répartir, le plus harmonieusement possible, entre: l’hygiène, l’assainissement (7), la prévention, les soins et la recherche. D’où la nécessité, aujourd’hui cruciale, d’un système d’information (8,15,16,17), dont la fiabilité, la viabilité et la représentativité au regard des réalités de proximité et de terrain seraient éprouvées et prouvées, encore et toujours « en temps réel ».
Feuille de route…
Moyen au service d’un (double) but: Comment atteindre les objectifs-clés, histoire d’ouvrir la prise en charge du paludisme à de nouvelles perspectives? Les deux moyens, indissociables et interdépendant, à envisager sont:
- une Autorité de planification, de gestion, de coordination et d’évaluation;
- une réponse multisectorielle qui, sous l’impulsion d’une approche multidimensionnelle, puisse prendre appui sur l’institutionnalisation
. des partenariats élargis , c’est-à-dire inclusifs et, partant, représentatifs des acteurs impliqués dans la prise en charge du paludisme;
. des réseaux alternatifs de compétences, de connaissances et d’expériences;
. de la collaboration et participation des acteurs;
. de la coordination et intégration des activités.
Aujourd’hui incontournable et indispensable, seul un consensus de prise en charge peut permettre d’inscrire la prise en charge du paludisme, ainsi que la perception que nous pouvons en avoir, dans une perspective globale et dans la cohérence d’une vision d’ensemble.
Par ailleurs, le paludisme nécessite, plus que jamais, un processus de réaménagement des politiques et stratégies de lutte qui:
- Puise sa force et sa substance dans les exigences de développement durable et équitable;
- Tire son principe et sa justification des impératifs d’intégration et de cohésion sociales;
- Fonde sa légitimité politique sur des perspectives d’économies d’échelle, de sécurité environnementale et de souveraineté sanitaire
- S’inscrit dans une continuité historique, non seulement en s’inspirant des expériences positives du passé (cf. « stratégies de lutte contre les grandes endémies »), mais également en se projetant dans un futur dont les prémices s’esquissent à travers les enjeux et défis d’une globalisation et mondialisation au pas de charge (cf. partenariats et réseaux).
Pour le reste...
Le projet d'Observatoire du Paludisme a pour ambition et vocation de s'imposer comme alternative, crédible, à... l'aide (appelons ça ainsi) ... au développement, cet assemblage hétéroclite de recettes hétérogènes. Bref: ce fourre-tout auquel on peut reprocher deux principaux écueils, et non des moindres.
Premier point faible: l'aide au développement ciblé sur la lutte contre le paludisme est souvent (comme) déconnecté des "réalités de proximité et de terrain". Exemple frappant: l'aide à vocation multilatérale ne consacre pas plus de 5% à l'hygiène et à l'assainissement, champs d'action et d'intervention dont on sait, pourtant, qu'ils constituent, et de très loin, les principaux enjeux et défis, en matière de lutte contre le paludisme (10)...
Second point faible: l'aide au développement tend à amplifier les disparités et inégalités de traitement, non seulement entre les continents, mais également entre pays d'un même continent, notamment entre les pays africains (10)...
Ne serait-ce que pour les deux raisons épinglées à l'instant, il appartient désormais aux Congolais - et pourquoi pas, dans la foulée, aux autres Africains concernés par la "chose" - de tirer un trait sur les incohérences, inconsistances et insuffisances inhérentes à l'aide au développement. Aussi est-il à présent question d'intérioriser et, partant, de matérialiser un fait, ainsi résumé: S'inscrire dans la durée, de même que dans la cohérence d'une vision d'ensemble. Ceci dit, la prise en charge du paludisme ne peut qu'en tirer profit, dès lors qu'il s'agit, dorénavant, de dire: Halte aux alternatives aléatoires. Comment? En contribuant efficacement à mettre un terme:
I) aux "initiatives ponctuelles" maquillées en "perspectives de progrès";
II) aux "béquilles" érigées en "piliers" appelés à soutenir des "projets d'avenir";
III) aux "colmatages des brèches" par lesquelles s'engouffrent, souvent au point de s'y incruster, des "cache-misère";
IV) aux "saupoudrages de façade", autrement dit ces "ersatz" appelés à céder la place à un "toilettage de fond en comble".
Vaste programme, ce qui en fait aussi l'intérêt. D'ici là...
10 Atouts-clés. Impulsion des plus décisives et déterminantes au service d'un élan permanent (9,11,12,13), le projet d'Observatoire du Paludisme se révèle être, tout compte fait, une "solution globale et intégrée" (14), en réponse à des "réalités de proximités et spécificités de terrain". Ce qui en fait une initiative, une alternative et une perspective:
I) Historiquement justifiées et justifiables (Enjeu géopolitique et géostratégique);
II) Politiquement légitimes (Souveraineté sanitaire et sécurité environnementale);
III) Culturellement innovantes (Gouvernance collaborative, participative et représentative);
IV) Moralement transparentes (Développement durable et équitable);
V) Socialement fiables (Intégration et cohésion sociales);
VI) Economiquement viables (Economies d'échelle et profil optimisé d'investissement);
VII) Financièrement rentables (Modèle innovant de financement et retours sur investissement);
VIII) Sanitairement optimales (Complément aux "Programmes de Lutte contre le Paludisme");
IX) Médicalement pertinentes (Appui à la qualité des soins, en termes d'efficacité et de rentabilité);
X) Humainement crédibles (Réduction à large échelle des ratios de mortalité et de morbidité).
Récapitulatif: 10 points-clés à retenir (Parenthèse & Synthèse)
Un Observatoire du Paludisme peut se définir comme:
I. une architecture et infrastructure du futur;
II. une dynamique de développement et de progrès;
III. une alternative de prise en charge;
IV. une perspective d’économies d’échelle;
V. un modèle innovant de gouvernance;
VI. une nouvelle échelle de perception, d’où se dégage une grille de lecture novatrice;
VII. un consensus de prise en charge;
VIII. un processus de réaménagement des politiques et stratégies de lutte;
IX. un enjeu de souveraineté sanitaire, de sécurité nationale et de... cohésion sociale;
X. une plate-forme de réflexion et d'action.
Notes et références en appui au projet
1. Observatoire du Paludisme: capital au service d’un idéal.
2. Observatoire du Paludisme: enjeu de souveraineté sanitaire.
3. Regards croisés sur le paludisme.
4. Observatoire du Paludisme: architecture et infrastructure du futur.
5. Thématique abordée dans des analyses et réflexions, transmises et soumises à la Banque Mondiale (Washington D.C.), sous le titre Malaria Observatories: Focus on the Millenium Development Goals.
6. Socio-économétrie du paludisme.
7. Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie.
8. Objet et sujet d’un article, disponible sur le site internet de la Banque Mondiale, sous le titre Health Information Systems: Facilitators of Policymaking.
9. Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique.
10. Paludisme: forteresse de l'aide au sous-développement.
11. Management stratégique de la lutte contre le paludisme (Mémoire, Matadi, Congo-Kinshasa, 2010).
12. Observatoire du Paludisme: projet de souveraineté sanitraire (Michel ODIKA, Projet de société, Congo-Brazzaville, 2011).
13. Observatoire du Paludisme: pari à faire et à gagner (Michel ODIKA, Projet de souveraineté sanitaire, Congo-Brazzaville, 2011).
14. Observatoire du Paludisme: tableaux de bord d'un projet.
15. Lutte contre le paludisme et systèmes d'information au Mali (Mémoire, Bamako, Mali, 2010).
16. Paludisme et études des stratégies de communication (Mémoire, Bamako, Mali, 2009).
17. Systèmes d'information et prévention du paludisme (Thèse de Doctorat, Antanarivo, Madagascar, 2009).
28 juin 2011
Paludisme: forteresse de l'aide au sous-développement
Analyses et réflexions du Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Confessions et professions à matérialiser. Plus que jamais, combattre le paludisme (1,2,3) figure à l’ordre du jour. Libre à chacun, selon son style, de passer une « certaine aide au développement » au crible de la réflexion critique. Déjà entendu, seraient tentés de rétorquer, un rien sarcastiques, plus d’un esprit sceptique en attente d’être édifiés par ce nécessaire et salutaire soupçon d’autre chose…
Aide au développement ciblée sur la lutte contre le... paludisme: architecture et infrastructure, dont on ne dira jamais assez qu'elles sont à... remanier, car - excusez du peu - remaniables... Toute prise en charge optimale du paludisme part autant d’une « idée à réaliser » que d’une « réalité à idéaliser » (15,19). Force est cependant de constater, en prenant appui sur notre postulat de base, que l’aide au développement consacrée à la maladie présente de nombreux « points de faiblesse », dont certains se révèlent être, non seulement des « points de suspension » et des « points d’interrogation », mais également, beaucoup plus préoccupant, des... « points de rupture » (14,16). En quoi le dispositif actuellement en place justifie un réaménagement, dans ses fondements comme dans ses perspectives…

Réalités et spécificités à optimiser. Ainsi se présente, actuellement, la lutte contre le paludisme: du non-dit à l’inédit (4), il y a une longue route à parcourir, des sentiers insoupçonnés à découvrir et, chemin faisant, mais probablement hors des… sentiers battus, des chantiers innovants à ouvrir (14,16). A l’image des enjeux associés (5,6), le défi à relever est de taille (15). Qu’à cela ne tienne: Le chemin se fait en marchant, aurait dit, résolu et déterminé, en écho lointain à ces lignes, un certain Jean-Paul SARTRE…

Préalables incontournables et indispensables à toute réforme de fond. A force de résonner tel un refrain à succès, la chose est désormais connue et reconnue: Le paludisme doit être combattu… Sans compter que la cause qui s’y rattache, indépendamment de tout misérabilisme (larmoyant) ou triomphalisme (hors de propos), n’est pas encore, et loin s’en faut, perdue. Ceci dit et rappelé, les faits étant ce qu’ils sont (têtus), il y a lieu de nuancer et de relativiser le propos…
Prix à payer pour convaincre les esprits désespérément sceptiques et démesurément critiques, nous pouvons – désolé pour les pessimistes de tous bords – vaincre le… paludisme. Non seulement en le contrôlant, mais aussi, mieux, en… l’éradiquant. Cela étant: Combattons le bon combat (1 Timothée 6:12). En d’autres termes, combattons cette douteuse, nauséeuse et suspecte fatalité, selon laquelle l’éradication du paludisme, but ultime de toute stratégie de lutte digne de ce nom, serait impensable, si ce n’est tout simplement… impossible, dans certaines régions du monde, à commencer par… l’Afrique sub-saharienne… De nos jours, cette « fatalité », absurdité qui ne dit pas son nom, est d’autant plus douteuse, nauséeuse et suspecte, qu’une « certaine aide au développement » en détient le monopole, allant jusqu’à en faire son « cheval de bataille ». D’où la nécessité, aujourd’hui, de déclarer et faire la guerre, non seulement au paludisme, mais également aux forces qui s’en nourrissent, plutôt que de s’y opposer…
Je persiste et signe: le paludisme peut être… éradiqué. J’ajouterai volontiers: PARTOUT. Oui, partout, la solution au problème étant, non pas hospitalière ni médicale, mais plutôt sanitaire et environnementale (5,6). Partout: à condition, toutefois, que nous nous en donnions les moyens, mais aussi – et ici réside le principal – que nous procédions au préalable, sans concessions ni tergiversations, à un toilettage des plus efficaces, exercice susceptible en cela de couvrir de vastes territoires, y compris les moindres recoins d’une certaine « pensée unique ». Pour ainsi dire: Lutter efficacement contre le paludisme consiste autant à assainir la perception que nous en avons, qu’à assainir l’environnement…

Vers une nouvelle donne. Oui, Chers Lecteurs, autant le rappeler, quitte à le marteler: plus qu'un simple "saupoudrage de façde", un "toilettage de fond en comble" s’impose, histoire de faire passer un coup d’éponge, nécessaire et salutaire, sur cet ordre poussiéreux des choses, dont ne cesse de souffrir la prise en charge du paludisme. Alors, et seulement alors, l’horizon, jusqu’alors chargé d’incertitudes, pourra se… dégager. Ainsi, dans la foulée, c’est l’oraison funèbre du paludisme, autrement dit son… éradication, qui va se profiler à l’horizon. Répétons-le, au risque de déplaire: PARTOUT… Ajoutons, au risque de paraître provocateur: Partout où le soleil se couche et se lève…
Aperçu des territoires à… balayer. Excusez-moi au passage de ne pas avoir trouvé une autre image, le temps d’inviter les uns et les autres à fouiller et fouiner, tels des « rats affamés », dans les poubelles d’une pensée qui n’a d’unique que ce qu’elle a d’hégémonique… D’où le recours, plus que jamais justifié, à un toilettage de toutes ces « réalités de façade et de surface », subtilement maquillées en « vérités universelles », à défaut d’être habilement badigeonnées aux étincelantes couleurs de la « charité » et de la « générosité ».
Toilettage de certains « concepts qui, loin d’être des « faits probants », puisent leur substance nourricière dans ce qui se révèle être des « lieux communs »…
Toilettage de certaines « images toutes faites », actuellement disponibles et accessibles – c’est peu dire – sous forme de « clichés » élaborés dans des officines vouées au culte du « prêt-à-penser »…
Toilettage de certains « poncifs », dont le principal « titre de gloire » est de légitimer, en les hissant au rang de « panacées », des « stéréotypes », « solutions de rechange » dont la « force probante » ne se déploie guère mieux que sous forme de « faux-fuyants » et autres « cache-misère ». Soit autant d’apparences trompeuses – quoique parfois « séduisantes » - derrière lesquelles se dissimulent des faiblesses conviant autant à « simplifier ce qui est complexe » (les besoins des pays à aider) qu’à « compliquer ce qui est simple » (le fait, entre autres exemples, de sous-estimer l’assainissement).
Toilettage de ces « automatismes » et « conformismes » qui, conjointement, tendent à ériger les approximations les plus hasardeuses (7) en mode, si ce n’est en modèle, de gestion…
Toilettage de toutes ces « recettes austères », dont l’addition, plutôt salée, laisse trop souvent un goût amer, à ceux dont on gratifie, au mépris de toute « éthique de responsabilité », de la trop facile étiquette de « bénéficiaires de l’aide au développement »…
Tout un programme, dont il convient, désormais, de procéder au décryptage, complément indispensable à tout toilettage…
De tabou à boutade, du non-dit à l’inédit: posons ces questions qui démangent et… dérangent. De notre « toilettage à large spectre » se dégage une question de fond, plutôt directe. Directe au point de paraître, sinon brutale, du moins brute. Concrètement et brièvement, sans la moindre équivoque ni je ne sais quelle ambiguïté de circonstance ou de convenance, cette « question-tabou » est ainsi libellée: A quoi correspond l’aide au développement? Question cruciale, sur laquelle se greffe, indissociable, une interrogation aujourd’hui – et probablement depuis longtemps – incontournable: En quoi l’aide au développement est-elle profitable à la prise en charge du paludisme, et aux pays, à commencer par ceux d’Afrique, qui en supportent l’essentiel du fardeau?
Etat des lieux. Avec une probabilité qui frise la certitude, l’Afrique demeure le continent le plus touché, car frappé de plein fouet, par le paludisme. En atteste une certaine comptabilité des plus édifiantes, à défaut d’être terrifiante. Jugeons-en par nous-mêmes: comptant pour au plus 15% de la population mondiale, l’Afrique n’en concentre pas moins plus de… 80% des cas de paludisme de la planète, ainsi que plus de… 90% des décès imputables à la maladie (8).
En apparence, autrement dit « en termes de compatibilité avec les exigences de la comptabilité du moment », les « macabres statistiques » alignées à l’instant, chiffres bruts à l’appui (8), semblent faire de l’Afrique la « plus grande bénéficiaire » de cette « aide au développement », si « charitablement » et « généreusement » octroyée, au titre de la lutte contre le paludisme. Seulement voilà: comme qui dirait, il y a comme un… problème. Et le problème posé, peu accessible à des « non-initiés », est plutôt complexe, tel qu’il se présente, du moins tel qu’il est souvent présenté. En quoi ce problème mérite d’être décomposé, de la même manière que l’on démonte une machine, bref un dispositif dont on souhaite apprendre et comprendre le fonctionnement. Ainsi que, cela va de soi, les éventuels… dysfonctionnements.
En réalité, une fois purgés de leurs apparences, les faits, sous l’impulsion d’une « vérité désormais en mouvement » (17), se révèlent au grand jour. Pour ainsi dire, ces faits, jusqu’alors dissimulés sous le voile du non-dit, prennent forme et, chemin faisant, nous apprennent quelque chose de capital et de fondamental: L’Afrique semble certes être la plus grande bénéficiaire de l’aide au développement allouée à la lutte contre le paludisme, mais, restriction valant son pesant d’or, seulement lorsqu’on raisonne en termes d’enveloppe globale…
Que penser de ce qui vient d’être dit, sous la dictée d’une résolution et détermination à peine discernables de l’indignation? Affirmation gratuite? Propos dénués de tout fondement? PAS LE MOINS DU MONDE, et ma réponse, cinglante, claque comme un coup de fouet. Tâchons à présent d’y voir un peu plus clair, histoire d’étayer ce qui vient d’être écrit et décrit, sous l’emprise de ce qui, à s’y méprendre, pourrait ressembler à de l’audace, dans ce qu’il y a de plus inopportun. Pourtant…
L’enveloppe globale mise à la disposition de l’Afrique – grosso modo ce que ce continent reçoit en « espèces » et en « promesses d’espèces sonnantes et trébuchantes » - n’en finit pas, non seulement d’alimenter une certaine chronique médiatique, mais également de resplendir de certaines apparences qui, pour être séduisantes, n’en restent pas moins trompeuses. Exemple à l’appui: au premier abord, donc « en apparence », cette « enveloppe globale » réalise comme le tour de force – ici résident la subtilité et la complexité de la chose – de faire croire – j’y ai moi-même cru pendant un certain temps – que l’Afrique perçoit – non seulement « quantitativement », mais également « proportionnellement » - plus de « Dollars estampillés US » que les autres parties du monde. Ce qui, ma foi, ne semble a priori pas de nature à heurter le sens de l’équité. Notamment en ces temps de « développement équitable », thématique aux allures de « slogan actuellement brandi comme une pancarte, une banderole ou un trophée ». Et notamment, surtout, lorsque cette enveloppe – excusez du peu – correspond à… 80% de l’aide allouée au bénéfice de la très nécessaire lutte contre le paludisme (8). Pourtant…
Pourtant, Chers Lecteurs, les 80% de l’aide au développement « charitablement » et « généreusement » octroyée à l’Afrique dissimulent « bien » des disparités et inégalités, ainsi que des « coûts cachés » - à la charge, donc au préjudice, de l’Afrique, cela semblant aller de soi, à moins que….
Expliquons-nous, au risque de paraître répétitif: quand bien même l’Afrique donne l’impression d’être, « quantitativement » et « proportionnellement », la plus grande bénéficiaire de la précieuse enveloppe décrite à l’instant, il n’en demeure pas moins vrai que d’autres paramètres-clés, rarement pris en compte par les « agences de développement », tendent à invalider la « charité » (9) et la « générosité » (9) dont peuvent, ou veulent, se prévaloir certains donateurs de l’aide au développement, le plus souvent à grand renfort de tapage médiatico-publicitaire. En quoi ni cette « charité » ni cette « générosité » ne sont gratuites (18).
Sans vouloir assommer les lecteurs à coups d’explications ou descriptions techniques formulées dans un jargon obscur, les « paramètres-mouchards » souvent « tenus à l’écart », car trop compromettants et peu accommodants en termes d’images, sont les:
I) Fonds alloués par personne à risque, autrement dit « par personne vivant dans une région, si ce n’est dans un pays, où l’incidence annuelle du paludisme est au moins égale à 1 cas pour 1000 habitants »;
II) Fonds alloués par cas de paludisme enregistré, dans tel pays;
III) Fonds alloués par décès imputable au paludisme, dans chaque pays récipiendaire de l’aide.
Concrètement et brièvement: quelque soit le « paramètre-mouchard » à l’œuvre, l’Afrique reçoit moins d’argent – cela semble irréaliste, mais pourtant vrai – que… l’Europe, continent où, le moins que l’on puisse en dire, le paludisme n’est pas un « enjeu de santé publique », encore moins un « défi de santé publique », et surtout pas une « problématique de développement »…
Ceci dit et révélé au grand jour en dehors de quelques cercles hermétiquement fermés au grand public, les quelques pays européens (8,10), où le paludisme sévit encore sous forme de « foyers résiduels » (8,11), reçoivent proportionnellement, et de loin, plus d’argent que l’Afrique. Par exemple, ces pays « empochent » en moyenne plus de 5 dollars par personne à (faible) risque, contre moins de 3 dollars par personne à (haut) risque pour l’Afrique (8).
Même son de cloche du côté des fonds alloués par cas de paludisme: environ 8000 dollars aux pays concernés. Inutile de dire que c’est… beaucoup, contre – c’est peu – moins de 10 dollars pour l’Afrique (8).
De leur côté, avec une brutalité à l’extrême limite de l’agressivité, les fonds alloués par décès lié au paludisme s’imposent d’emblée comme « modèle de déséquilibre et de démesure » dans ce qu’il y a de plus vertigineux. Preuve à l’appui, histoire d’éprouver la sensibilité (pas encore la… susceptibilité) des uns et des autres: quatre pays européens (10), (faiblement) touchés par le paludisme, reçoivent en moyenne plus de… 65 millions de dollars par décès imputable à la maladie, contre moins de 5000 dollars pour des dizaines de pays africains (pour la plupart lourdement) frappés par un fléau aux allures de… fardeau, toujours plus difficile à porter et à supporter, chaque année un peu plus (8)…
Pour le reste, les différences, tous paramètres-clés confondus, entre l’Afrique et les autres continents sont moins criardes que celles, d’une disproportion à la limite de la provocation, relevées avec l’Europe. On notera toutefois, avec attention et intérêt, que le continent américain a droit, pour sa lutte contre le paludisme, à environ 55 000 dollars par décès lié à la maladie, soit (au moins) 10 fois plus que l’Afrique (8).
A y regarder de plus près, la démesure, dont témoignent les différences ici mises en relief, est à la mesure de l’indifférence dont souffre le paludisme, à une échelle globale et mondiale, plutôt que d’occuper une place de choix dans l’agenda international du développement (23).
Comme quoi (24), la route à parcourir est encore longue. D’où cette nouvelle référence, pertinente et percutante, à Jean-Paul SARTRE: Le chemin se fait en marchant…
Circonstances pénalisantes à épingler. En matière de lutte contre le paludisme, l’aide au développement souffre d’un écueil des plus handicapants et pour le moins préoccupant. Lequel? Réponse évidente: la tendance aveuglante et quasi obsédante de se couper des « réalités de proximité et de terrain » auxquelles font face les pays africains. A titre d’exemple, l’aide à vocation multilatérale ne consacre pas plus de 5% à l’hygiène et à l’assainissement, champs d’action et d’intervention dont on sait pourtant, depuis fort longtemps, études sérieuses à l’appui, qu’ils constituent, de loin, les principaux enjeux et défis de la prise en charge de la maladie (12).
Oui, autant le rappeler, quitte à le marteler: l’hygiène et l’assainissement constituent bel et bien les principaux enjeux et défis du paludisme. Bien plus que les « moustiquaires imprégnées » (13), dont l’importance, certes réelle, n’en est pas moins surestimée, le plus souvent à coups de campagnes publicitaire dont l’agressivité n’a rien à envier à ce dont bénéficient certaines « boissons gazeuses » (pour ne pas les… nommer). Bien plus que la « chimioprophylaxie des femmes enceintes »: toute la question, ici posée, est de faire en sorte que les femmes enceintes vivent dans un environnement sécurisé. Comment? Elément de réponse: « en assainissant l’environnement, en l’occurrence leur environnement immédiat »…
Quoi d’autre? Histoire de mettre en relief une conception et perception pour le moins restrictives et sélectives de la prévention, gardons-nous d’oublier que l’argent déboursé par certaines agences de voyage, voire par certaines compagnies aériennes, au titre des campagnes d’information ciblées sur la « chimioprophylaxie d’une poignée de touristes » (majoritairement originaires des pays donateurs de l’aide au développement), dépasse proportionnellement (somme dépensée par touriste) ce qui est accordé aux pays africains (somme dépensée par l’aide au développement par personne à risque vis-à-vis du paludisme).
Fermons la parenthèse: inutile d’en dire davantage. Continuons…
Circonstances aggravantes. Au risque de s’ériger en « flagrante entorse à la justice », l’aide au développement tend à amplifier les disparités et inégalités, non seulement entre les continents, mais également entre les pays africains. De ce point de vue, trois exemples sont à ce point éloquents qu’ils parlent d’eux-mêmes (8), mettant ainsi à nu plus d’un obstacle à cette « justice » assimilable à de la « vérité en mouvement » (17).
Premier exemple: bien qu’ils cumulent moins de 5% des cas de paludisme recensés en Afrique, le Kenya et l’Ouganda engrangent à eux seuls – excusez du peu – 20% de l’aide au développement destinée au continent, dans sa difficile lutte contre le paludisme (8)…
Deuxième exemple: pour faire face au paludisme, le Nigeria et le Rwanda perçoivent à peu près la même chose. Bien que le Nigeria, sous-continent d’environ 150 millions d’habitants, soit 15 fois plus peuplé que le Rwanda, petit pays d’environ 10 millions d’habitants…
Troisième exemple (il y en a d’autres, plutôt nombreux): bien que le Mozambique et le Burkina Faso soient des pays comparables en termes de démographie, de revenu moyen par habitant, de dépenses de santé par habitant et, surtout, de dynamique épidémiologique du paludisme, cela n’empêche nullement le Mozambique de recevoir – excusez du peu – 6 fois plus d’argent que le Burkina Faso (8)…
Paludisme: champ d’action et d’intervention de l’aide au sous-développement. Dans sa configuration actuelle, options et orientations confondues, fondements et perspectives coulés dans le même moule, l’aide au développement, appelons-la ainsi faute de mieux, tend à s’imposer comme cette « zone d’ombres des relations internationales ». Ce qui en fait, aussi/ainsi, une « zone grise de la condition humaine » (1), « zone aux repères brouillés », « zone des plus floues », où flottent, de manière pesante, des « points de suspension » comparables à des impasses incapables de déboucher sur le moindre « point d’interrogation ». Fermée à l’esprit fécond du doute et au soupçon d’autre chose, cette aide ne sert pas à grand-chose, si ce n’est à entretenir l’équivoque au point de s’en nourrir, notamment lorsqu’il s’agit de lutter contre le paludisme. Pourquoi donc?
Elément de réponse à une question qui se pose et s’impose avec autant d’acuité que de gravité: au regard des exigences de développement durable et équitable, ainsi que des impératifs d’intégration et de cohésion sociales, ce qui se conçoit et se perçoit, traditionnellement, comme de l’aide au… développement, n’est en définitive – je pèse bien mes mots – qu’une… « aide au sous-développement », « béquille » et « cache-misère » dont l’Afrique, pas plus qu’un autre continent, n’a pas besoin. Ne serait-ce que pour cette raison, il appartient désormais aux Africains, parce qu’ils en ont la légitimité historique et la responsabilité morale, de mettre au point des « solutions globales et intégrées », prenant appui sur des « plate-formes de réflexion et d’action », en réponse, cela va de soi, à leurs « réalités de proximité et de terrain » (14,15).
Aide au développement: dispositif en panne de transparence et d’objectivité dans ses critères d’appréciation. De nos jours, en dehors de ses lenteurs procédurales et de ses lourdeurs procédurières, quand elles ne sont pas tracassières, l’aide au développement a ceci de dangereux qu’elle prétend avoir réponse à tout, y compris aux questions, essentielles, qu’elles ne posent pas, qu’elles ne se posent pas: Vanité des vanités (Ecclésiaste 1:2): Ce qui manque ne peut être porté au compte (Ecclésiaste 1:15), la plus vaine des vanités étant l’homme (MONTAIGNE). D’où ce clin d’œil à Marguerite YOURCENAR, romancière dont on retiendra que: La première des réponses à une question est de la poser. Rien de plus vrai dans un monde où: La meilleure manière de poser une question est de lui opposer d’autres questions (Joseph STIGLITZ, économiste). Autant d’enseignements utiles, donc autant d’atouts, dont ne peut que tirer profit la fascinante et passionnante prise en charge du paludisme. Rappelons: loin de toute compromission dommageable à la cohésion sociale et au développement équitable (3,12). Autrement dit: au plus près, donc au plus vrai, de tout compromis, dans ce qu’il y a de mieux, entre santé publique et sécurité environnementale…
Tout compte fait. Ainsi apparaît, actuellement, l’aide au développement: une « solution » boiteuse, prenant appui sur des béquilles, dont on ne sait même pas si elles sont solides et/ou valides. Ceci dit et constaté, l’Afrique, continent le plus touché par le paludisme, n’a pas besoin de béquilles, si solides et/ou valides soient-elles, pour soutenir ses projets d’avenir…
Pour le reste, convenons d’ores et déjà que le temps presse. Dès lors, sous la pression de plus d’un défi à relever, le principal enjeu ne consiste pas seulement à combattre le paludisme en tant que tel, la maladie n’étant en elle-même qu’une « réalité de façade et de surface ». Parallèlement au combat mené, parallèlement au combat à mener, il nous incombe aussi, dorénavant, la mission d’optimiser nos alternatives de développement en perspectives de progrès (16) d’une crédibilité ne prêtant pas à caution. Ce que – manifestement, malheureusement – la « soi-disant aide au développement » n’a jamais pu, ni su, faire (19). Aussi s’agit-il, pour plus d’un pays concerné, de s’en… défaire. Le temps d’un inventaire (20), exercice plus que jamais nécessaire, et probablement salutaire…
Docteur Michel ODIKA (21)
Notes et références
1. Paludisme: observatoire et laboratoire de la condition humaine.
2. Paludisme: tueur en série et arme de destruction massive.
3. Regards croisés sur le paludisme.
4. Paludisme: du non-dit à l’inédit.
5. Hôpital: régulateur défaillant des enjeux de santé.
6. Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie.
7. Plutôt préoccupant, et en définitive pas très glorieux, s’agissant des cénacles et autres cercles en charge des questions de développement, dès lors que: Le hasard est le dieu des imbéciles (Georges BERNANOS).
NON: la prise en charge du paludisme ne doit pas devenir, au risque de se pervertir et d’en souffrir, un « vulgaire enjeu de loterie », autrement dit un « pari à la merci des jeux de hasard ».
En matière de lutte contre le paludisme, il y a certes un « pari à faire » et pour ainsi dire une « carte à jouer ». Mais que cela se fasse, non seulement dans la transparence, mais également sous l’éclairage des « réalités de proximité et de terrain ». Inutile d’ajouter qu’il y va d’une certaine crédibilité dans ce qui se dit et se fait…
9. Plus que de « charité » et de « générosité », les gens ont surtout besoin, non seulement de notre... "respect", mais également, de la part de la société, ... de « justice » et de « solidarité », la « charité » comme la « générosité » n’étant rien d’autre que: soit de la « justice amputée », soit du « mépris dans le respect », soit du « respect dans le mépris ». Pourtant…
Dans tous les cas de figure, nous avons affaire à une forme d’égoïsme, dont le seul but est, sinon de « se voiler la face », du moins de « se donner bonne conscience ».
Lire également, à ce propos, Enjeux de santé: plate-forme de réflexion sur la justice.
10. Dans leur lutte contre le paludisme, les pays européens concernés par l’aide au développement (2009) sont: la Georgie, le Kyrgystan, le Tadjikistan et l’Ouzbekistan.
Petite parenthèse: notons toutefois qu'il s'agit de "pays européens" du fait de leur "appartenance administrative" à la "Zone Europe de l'Organisation Mondiale de la Santé", certains d'entre eux - à l'exemple du Kyrgystan, du Tadjikistan et de l'Ouzbekistan - étant "géographiquement situés" et "historiquement enracinés" en... Asie centrale. Point commun à ces pays, et non des... moindres: ils sont tous issus de l'éclatement de l'Union Soviétique (début des années 1990). Fermons la parenthèse, à défaut de boucler un dossier loin d'être clos...
11. En termes de gravité perçue sous l’angle des ratios de mortalité et de l’incidence annuelle du paludisme, il n’y a pas encore de commune de mesure entre l’Afrique sub-saharienne et les quelques Etats européens où la maladie persiste, rappelons-le, d’une manière pour le moins marginale…
12. Malaria Funding Requirements (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
13. Soyons réalistes: les pays africains, et notamment leurs grandes agglomérations, ont surtout besoin d’un réseau de canalisations destinées à l’évacuation sécurisée des eaux usées. Bien plus que les « moustiquaires imprégnées », au profit desquelles des sommes importantes sont actuellement dépensées, seuls des grands travaux relevant de l’aménagement du territoire (construction, habitat, urbanisme) peuvent, en complément d’une politique d’assainissement digne de ce nom, éradiquer le paludisme.
Quant aux sources de financement des travaux à entreprendre, plutôt que de solliciter systématiquement l’aide au développement, les Etats africains, alternative aux allures d’atout de taille, sont actuellement en mesure de trouver l’argent sur place: je pense en particulier à des « vaches à lait » ou « trésors de guerre », à l’exemple des très nombreuses, voire trop nombreuses, taxes perçues par les grandes agglomérations. D’où de nécessaires et salutaires réformes de gouvernance – cf. Governance Reforms – Balanced Approaches to Be Found (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
Pour le reste, je suis chaque jour un peu plus convaincu que le principal problème ne réside pas dans les ressources en tant que telles, mais plutôt dans la mobilisation et valorisation des ressources comme des revenus (cf. Observatoires du Paludisme: carte à jouer).
14. Observatoire du Paludisme : échelles de perception et de réflexion (Michel ODIKA, Projet de souveraineté sanitaire, 2011)
15. Malaria Observatories: Focus on the Millenium Development Goals (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
16. Observatoires du Paludisme: carte à jouer.
17. Référence empruntée à Benjamin DISRAELI, homme d’Etat, selon qui « la justice n’est rien d’autre que de la vérité en action » (Justice is truth in action)…
A méditer, notamment lorsqu’il s’agit d’aborder tout ce qui touche à l’aide au développement…
18. Soit dit en passant: je ne suis même pas sûr que la « gratuité des soins contre le paludisme » soit une solution fiable et viable, notamment à moyen et long terme (cf. Paludisme: gratuité des soins en question).
19. Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique.
20. Inventaire d’autant plus nécessaire et salutaire que, dans leur écrasante majorité, soyons réalistes, les Etats africains… n’atteindront pas, s’agissant de la très exigeante prise en charge du paludisme, les « Objectifs de Développement du Millénaire » (New York, Septembre 2000). Reconnaissons-le, objectivement et honnêtement, la barre semble élevée et, par conséquent, difficile à franchir. Ceci dit, l’obstacle peut être contourné, à défaut d’être franchi…
21. Concepteur et coordinateur d’un projet qui, sous l’impulsion décisive d’un Forum de discussion, vise à créer un Observatoire du Paludisme, au Congo-Brazzaville et, à terme, dans les autres pays (concernés) d’Afrique sub-saharienne…
22. A ce propos: Inutile de combattre la fièvre en cassant le thermomètre, le paludisme n’étant que pour une large part un baromètre des pressions environnementales et sociales, à l’échelle d’un pays…
23. Jusqu’à preuve du contraire, le paludisme est une problématique de développement durable et équitable. A ce titre, la maladie mérite attention et intérêt…
24. Comme quoi, je récuse une telle conception, ainsi qu’une telle perception, de la notion d’aide au développement…
08:41 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paludisme et aide au sous-développement, paludisme et salutaire toilettage de l’aide au développement, paludisme et misères de l’aide au développement, paludisme et mystères de l’aide au développement, paludisme et incohérences de l’aide au développement, paludisme et effets indésirables de l’aide au développement, paludisme et inconstances de l’aide au développement, paludisme et inconséquences de l’aide au développement, paludisme et dommages collatéraux de l’aide au développement, paludisme et insuffisances de l’aide au développement, paludisme et carences de l’aide au développement, paludisme et nécessaire refonte de l’aide au développement, paludisme et paradoxes de l’aide au développement
28 mai 2011
Observatoires du Paludisme: carte à jouer...
Analyses et réflexions du Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Voici déjà longtemps que "quelque chose" nous échappe... A bien des égards, nous avons comme du mal à cerner "le" problème dans ses principaux contours. Ainsi du paludisme, sujet relevant d'une "brûlante actualité", sans toutefois faire l'objet, et loin s'en faut, d'une "fébrilité médiatique". Ceci dit et constaté, le violent contraste ici mis en relief, pour le moins saisissant, a de quoi... interpeller. Ainsi est-il venu le moment, crucial, de réduire le décalage entre les faits et leur perception. A chacun de s'y atteler, histoire de s'en préoccuper. Maintenant...
De nos jours, la prise en charge du paludisme a ceci de paradoxal et d’incohérent, voire tout simplement de dangereux, que la gestion des principaux enjeux et défis de la maladie, hygiène et assainissement en tête (1,2), ne relève pas – ni administrativement ni techniquement – du secteur de la santé. Bien que, rappelons-le, les professionnels de la santé, dans les pays concernés par le… fléau, soient en première ligne dans la gestion, au quotidien, des conséquences médicales, à commencer par le… paludisme, des défaillances inhérentes aux politiques d’assainissement. Inutile de dire, tellement c’est évident, qu’un tel dysfonctionnement mérite d’être corrigé. D’où le projet, ambitieux, de créer des Observatoires du Paludisme (3). Partout où cela s’impose…
Pourquoi créer des Observatoires du Paludisme? En me gardant de paraître simpliste ou simplificateur, je dirai, brièvement, qu’un tel projet est né d’un « constat et postulat de départ » plutôt… simples, en appui à une « idée-force » tout aussi… simple, véritable creuset à partir duquel des nuances de perception et d’appréciation pourraient se matérialiser en évidences à optimiser et et en exigences à capitaliser… Tâchons d’ores et déjà d’y voir un peu plus clair…

Constat et postulat de départ… La prise en charge du paludisme, censée être globale et intégrée, est aujourd’hui dispersée entre plusieurs secteurs d’activité, soit autant d’acteurs manifestement désarticulés dans leurs initiatives et interactions, quoique potentiellement complémentaires et convergents dans leurs perspectives et projections… En résulte, inéluctablement, une dispersion, dommageable à plus d'un titre, de très précieuses ressources (humaines, financières, techniques...). D'où l'émergence d'une "idée-force" en appui à ce qui se révèle être un... "idéal de progrès".

Idée-force au cœur des choses et de leurs causes profondes… Plus que jamais, il s’agit de « renforcer les capacités institutionnelles à recoller des morceaux actuellement éparpillés », le grand défi étant, si j’ose dire, d’introniser un « superviseur », ou « chef d’orchestre », bref une autorité ou entité en mesure d’harmoniser en temps réel, conformément à un « consensus de prise en charge », les processus de coordination et d’intégration des acteurs et secteurs d’activité susceptibles d’influencer la dynamique globale (environnementale, sociale, sanitaire, médicale…) du paludisme…
Par ailleurs, s’impose désormais un « système d’information », dont la fiabilité, viabilité et représentativité au regard des réalités de proximité et de terrain, puissent permettre aux autorités sanitaires, encore et toujours « en temps réel », de réajuster les mécanismes, pour le moins… complexes, d’allocations et autres réallocations des ressources disponibles, à répartir, le plus harmonieusement possible, entre: l’hygiène, l’assainissement, la prévention, les soins et la recherche… Soit dit en passant, histoire d'épingler un anachronisme, depuis longtemps institutionnalisé en conformisme, à défaut de se concrétiser en automatisme de façade: dans la quasi-totalité des pays touchés de plein fouet par le paludisme, les ministres en charge de la santé - excusez du peu – n’ont aucun droit de regard sur l’élaboration, et encore moins sur l’adoption, des budgets d’assainissement, domaines (exclusivement) réservés des « collectivités territoriales », « municipalités » en tête… Pourtant...

Invitation à cultiver le sens de la nuance… Le problème de fond qui se pose, et qui s’impose ainsi à la réflexion critique, n’est pas en soi un problème de ressources, ni même un problème d’hommes. Allons droit au but: à la base, nous avons un « problème de structure », donc, inévitablement, un « problème de fonctionnement », à partir du moment où « un problème de structure est toujours, par expérience ou en pratique, un problème de… fonctionnement ». Si problèmes de ressources et/ou d’hommes il y a, ces problèmes, en tant qu’épiphénomènes, sont au départ tributaires des révélateurs et amplificateurs de problèmes que sont les problèmes d’architectures et d’infrastructures. En d’autres termes, la plupart des pays concernés par l’ampleur et la gravité du paludisme – à commencer par mon pays d’origine (Congo-Brazzaville) – disposent des hommes et des ressources qu’il faut. Par contre, essentiellement pour causes d’inadaptations et/ou d’inadéquations structurelles, peut éventuellement faire défaut le contexte global dans lequel les hommes et les ressources sont amenés à se déployer, en temps réel…
Evidences à optimiser et exigences à capitaliser… Le projet de créer des Observatoires du Paludisme correspond à un double défi, ainsi résumé: une idée à réaliser et une réalité à idéaliser, de telle sorte qu’une initiative citoyenne, une fois concrétisée en directives politiques, puisse matérialiser une alternative de développement en perspectives de progrès… Ne serait-ce que pour cette raison, j’en suis arrivé à penser que la mise en place d’un Observatoire du Paludisme, là où la « chose » s’impose, se révèle être l’une des trois alternatives crédibles à explorer, et éventuellement à… exploiter, en vue d’une gestion globale, donc optimale, du paludisme…
Simple parenthèse que je me contenterai d’entrouvrir, les deux autres alternatives à envisager pourraient être: soit la fusion des ministères de la santé et de l’environnement (4), soit la création d’un « Ministère de la Santé et de l’Assainissement ». Fermons la parenthèse, histoire d’ouvrir les thématiques et problématiques ici soulevées à l’avenir qu’elles méritent. D’ici là…
Docteur Michel ODIKA
Notes et références
1. Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie.
2. Hôpital: régulateur défaillant des enjeux de santé.
3. Observatoires du Paludisme: plate-forme de développement et de progrès.
4. Pourquoi fusionner les ministères de la santé et de l’environnement?
10:26 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernance innovante du paludisme, paludisme et économies d'échelle, paludisme et alternatives de développement, paludisme et souveraineté sanitaire, paludisme et perspectives de progrès, paludisme et perspectives de modernité, paludisme et perspectives de modernisation
27 avril 2011
Paludisme: du non-dit à l'inédit

Dossiers secrets du paludisme: points d’appui à une nouvelle plate-forme de réflexion…
Sous la supervision de l'Observatoire du Paludisme (Projet global)
Louis XIV et le paludisme: chronique d’une histoire occultée (Avant-propos)
Paludisme: maladie parasitaire au très lourd passé militaire (Arrière-plan)
Paludisme: première arme biologique de l’histoire (Parenthèse historique)
Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique (Synthèse historique)
Observatoire du Paludisme (1,2,3,4)
Notes et références
1. Projet qui a l’ambition et la vocation d’être activement soutenu à une échelle globale et mondiale – cf. Malaria Observatories: Focus on the Millenium Development Goals (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
2. Initiative citoyenne à concrétiser en alternative et perspective politiques, dans ce qu’il y a de plus crédible, de telle sorte que les logiques de globalisation et de mondialisation, auxquelles la prise en charge du paludisme ne peut échapper, s’inscrivent dans une dynamique de santé publique, de sécurité environnementale, de cohésion sociale et de développement équitable – cf. Governance Reforms: Balanced Approaches to Be Found (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
3. Projet visant des économies d’échelle, notamment par une réduction significative des ratios de mortalité et des hospitalisations imputables au paludisme – cf. Ending Malaria Deaths in Africa (Jeffrey SACHS, Scientific American, 2007).
4. Vers une modélisation de l’évolution du paludisme – cf. Observatory – Tracking the Evolution of Malaria (Syndia BHANOO, New York Times, 2010).
17:30 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossiers secrets du paludisme, bas-fonds du paludisme, profondeurs obscures du paludisme, eaux troubles du paludisme
16 avril 2011
Paludisme: première arme biologique de l'histoire
Analyses et réflexions du Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Fait d’arme à inscrire dans les annales de l’histoire: l’occupation de l’île indonésienne de Java, en février 1942, par les redoutables troupes de l’Armée Impériale Japonaise, alors dirigées d’une main de fer, débarrassée de tout gant de velours, par le rude Général Mitoshi INAMURA. Continuons…

Occupation japonaise de Java: première utilisation du paludisme comme arme de guerre à part entière… Parenthèse inaugurale: pour la « petite histoire », curieuse coïncidence méritant d’être rappelée, l’occupation japonaise de Java marque aussi un anniversaire, alors passé inaperçu, dans l’histoire du paludisme. Un peu comme l’année 1880 (1) pour les services sanitaires de l’armée française en Algérie…
De quel anniversaire s’agirait-il donc? Réponse sans équivoque: le bicentenaire de la rebaptisation du cinchona, désormais appelé… quinquina (2), par le botaniste suédois Carolius LINNAEUS: c’était en 1742… Fermons la parenthèse…
Qu’à cela ne tienne: en occupant Java, les Japonais ne se souciaient… guère d’honorer la mémoire de Monsieur LINNAEUS, sympathique personnage, pourtant historique, dont ils ne devaient du reste pas se douter de l’existence. En d’autres termes, les Japonais n’avaient même pas la simple courtoisie de savoir que l’homme a existé, sous d’autres cieux, quoique loin de l’Empire du Soleil Levant, à une autre époque…
Par contre, ce dont les Japonais se doutaient de l’existence, et ce dont ils avaient pleinement conscience au point d’en faire une obsession dans ce qu’il y a de plus compulsif et agressif, c’était de l’existence, à Java, de (très riches) plantations de quinquina (3), incontournables et indispensables à l’approvisionnement de millions de personnes en… quinine (seul traitement du paludisme alors connu), à travers le monde. D’où l’intérêt hautement stratégique de ces plantations, et par conséquent l’impérieuse et pressante « nécessité » d’y faire main basse, à tout prix, voire… à n’importe quel prix, y compris au risque de… sacrifier des millions de vies humaines, civils et militaires confondus. Après en avoir bien sûr « expulsé » l’occupant hollandais, ce qui sera fait avec une facilité et une rapidité des plus déconcertantes. Et avant de pouvoir ainsi nuire, durablement, aux Américains et aux Britanniques – avec qui les Japonais étaient alors en guerre sur le front Pacifique -, alors fortement dépendants de Java pour leur approvisionnement, crucial et vital, en quinine…
Concrètement, et surtout efficacement, les Japonais ont réalisé le « tour de force » - certains parleront volontiers de « coup de force » - de couper les Américains – installés à Hawaï et aux Philippines – et les Britanniques (4) – alors installés en Malaisie, à Singapour, en Thaïlande, en Birmanie, à Hong-Kong… - de tout approvisionnement en précieuses écorces de quinquina, donc en quinine, les obligeant d’utiliser, au risque de les épuiser, leurs « stocks de sécurité » jusqu’à la fin du conflit. Le temps de trouver une « solution de rechange ». Le temps de mettre au point un « antipaludéen de substitution ».
Oui, le temps de mettre au point un antipaludéen, voire plusieurs antipaludéens, de substitution. D’où le « début en rafales », durant la Seconde Guerre Mondiale, des travaux de recherche et de développement, qui aboutiront, coup sur coup – il s’agissait alors de frapper très fort -, mais seulement à partir de la fin de la guerre, à des « antipaludéens de synthèse » aussi divers que: l’amodiaquine, la primaquine, la sulfadoxine-pyriméthamine… Liste, non exhaustive, à laquelle s’ajoute bien sûr la… chloroquine, dont le début de la commercialisation remonte à 1947, soit deux ans après la fin de la guerre…
Ouvrons une parenthèse: on notera par ailleurs, détail de taille, que la chloroquine est le « premier antipaludéen de synthèse de l’histoire ». On notera également, dans la foulée, que ni les Américains ni les Britanniques ne sont à l’origine de sa synthèse. Dont la prouesse revient au groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer (5), plus précisément à l’un de ses ingénieurs-chimistes, Hans ANDERSAG. Les faits remontent à… 1934, c’est-à-dire bien avant le déclenchement de la Seconde Mondiale, dans une Allemagne alors sous le joug nazi depuis à peine un an, M. Adolf HITLER ayant accédé au pouvoir, après avoir été… élu chancelier, en 1933… Guerre
Fermons la précédente parenthèse pour en ouvrir d’autres. Précisions de taille, et non des moindres: la chloroquine s’appelait initialement la resochine, les Américains l’ayant rebaptisée de son nom actuel en 1942, reprenant à leur compte les travaux de recherche et de développement (entre-temps) abandonnés par Bayer. Ayant surestimé la toxicité de la resochine, Bayer, fatale erreur stratégique, avait alors préféré… vendre son brevet, véritable mine d’or, à la firme pharmaceutique américaine Winthrop Chemical Company, peu de temps après la prouesse technique, rappelons-le, de Hans ANDERSAG. Toute une histoire, dont la parenthèse n’est pas prête de se refermer, de nombreuses portes demeurant entrouvertes, car largement ouvertes à la réflexion critique…
Paludisme: première arme biologique de l’histoire... Quel(s) enseignement(s) majeur(s) peut-on tirer de l’occupation japonaise de Java?
Contrairement aux Français en Algérie (6), les Japonais ne se sont pas contentés d’intégrer la prise en charge du paludisme dans leur stratégie militaire, en percevant puis en optimisant la maladie comme « simple » instrument de guerre. De ce strict point de vue, l’innovation japonaise, véritable point de rupture, aura été de concevoir puis d’utiliser directement – au lieu de « seulement » percevoir et optimiser – le paludisme comme… arme de guerre à part entière, ou arme aux allures d’instrument de chantage et de marchandage…
Clôturons (provisoirement) le dossier, en affirmant haut et fort exactement ceci: à bien des égards, l’invasion japonaise de Java a largement contribué à faire du paludisme la première arme biologique de l’histoire. Comme quoi, pour peu qu’un usage détourné en soit fait, le paludisme et son traitement ont le potentiel, édifiant et terrifiant, d’être des enjeux géopolitiques et géostratégiques (7,8), convenons-en, dans ce qu'il y a de plus insolite et insoupçonné, sur le double front sanitaire et militaire…
De tout ce qui précède découle une mise en garde résumée en un mot: VIGILANCE... Oui, autant le rappeler, quitte à le marteler avec force: Veillons à ne pas baisser la garde. Je me permets d'insister: Veillons à ne jamais baisser la garde, notamment en ces temps, tourmentés, de redistribution inéquitable des cartes, tant à une échelle globale que mondiale...
Notes et références
1. En plus de marquer le cinquantième anniversaire de la Campagne d’Algérie (la conquête coloniale de ce pays), l’année 1880 s’impose à la postérité comme celle, fatidique, de la découverte du Plasmodium (agent causal du paludisme) par Alphonse LAVERAN, à Constantine...
2. Arbuste dont on peut extraire la quinine.
3. L’origine de ces plantations remonte au XIXe siècle.
Petit rappel (plutôt anecdotique) des faits: tout commence lorsque le « négociant-trafiquant » Charles LEDGER importe clandestinement de Bolivie des graines de quinquina vers son Angleterre natale. Les botanistes anglais n’étant pas du tout intéressés par les « curiosités exotiques » de M. LEDGER, pas même pour les faire pousser dans les « colonies impaludées » de l’Empire Britannique, le « négociant-trafiquant » finira par trouver preneur auprès des… Hollandais, manifestement intéressés par la « chose ». Et pour cause: la suite est connue...
Concrètement, les Hollandais n’auront de cesse de semer les « précieuses graines » à… Java, ce qui les mettra en position dominante de quasi-monopole dans la distribution mondiale des écorces de quinquina. Jusqu’en… 1942, autrement dit jusqu’à l’invasion japonaise de l’île indonésienne, au plus fort de la seconde Guerre Mondiale...
Petite parenthèse: on notera que c’est dans la plus stricte clandestinité que les « précieuses graines » ont été introduites à Java, les Etats nouvellement indépendants d’Amérique latine, Pérou et Bolivie en tête, ayant formellement interdit l’exportation des graines, n’autorisant que celle, favorable à leurs visées protectionnistes, des… écorces, conscients qu’ils étaient du potentiel lucratif de leurs plantations au XIXe siècle. Ceci dit et constaté, cruel retournement de situation dont l’histoire détient le secret, plus grand-monde, aujourd’hui, ne connaît les plantations boliviennes ou péruviennes, tellement leur place dans le commerce mondial est marginale, pour ne pas dire dérisoire ou insignifiante. Toute une histoire, aurait écrit le romancier allemand Günter GRASS…
4. Il en va de même pour les Français – même s’ils ont plus joué un rôle d’outsider que de véritable challenger durant la Seconde Guerre Mondiale, les Français étant alors sous occupation nazie, en plus d’avoir été « expulsés manu militari » d’Indochine, du Cambodge et du Laos, par les… Japonais. N’empêche que les populations autochtones des colonies citées ont souffert du blocus japonais, en payant un très lourd tribut au… paludisme.
5. Par ailleurs, inventeur de l’aspirine.
6. Voir Paludisme: maladie parasitaire au très lourd passé militaire.
7. Voir Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique.
8. See Malaria Politically Strategic Importance.
Travail en hommage à mon défunt père, André ODIKA…
18:50 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paludisme et guerres, paludisme et conflits armés, paludisme et stratégies militaires
09 avril 2011
Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique
Analyses et réflexions du Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Coins de voile à lever, questions à soulever, défis à relever... Au premier abord, le titre de l’article peut sembler un rien provocateur et tapageur. Ceci dit et constaté: à force de paraître inopportun et excessif dans sa formulation, ce titre donne comme l’impression de céder à des clichés médiatiques puisant leur substance nourricière au plus profond d’un conformisme astreint à des automatismes convenus…
En réalité, loin de tout tapage médiatique, le bien-fondé des lignes qui vont suivre tire son principe et sa justification de quelque chose qui, prenant appui sur des faits probants, n’a rien à voir avec une quelconque provocation, ni avec je ne sais quel conformisme ou automatisme, à grand renfort de je ne sais quel snobisme ou sensationnalisme, si ce n’est (excusez-moi de paraître répétitif) de je ne sais quel misérabilisme… Pourquoi donc?

Première mise au point, nécessaire: à peine discernable d’un réquisitoire dressé à l’encontre d’une certaine histoire (plutôt) habile à marquer notre « fébrile actualité palustre » de son empreinte indélébile, le plus souvent de manière (plutôt) subtile, l’intitulé de l’article, Paludisme: enjeu géopolitique et géostratégique, n’a rien de gratuit, et encore moins de… fortuit.

Deuxième mise au point, salutaire: pour être à peine discernable d’un réquisitoire dressé à l’encontre d’une certaine histoire, cet article, en tant que « forum citoyen » et « espace de dialogue », n’en reste pas moins, tout simplement, une… TRIBUNE. Autrement dit, détail valant son pesant d’or, cet article n’a pas la vocation ni l’ambition de s’ériger en « tribune politique », et encore moins en… « tribunal historique ». Seule comptera, ici, la restitution des faits dans leur objectivité historique, indépendamment de tout jugement de valeur, ou opinion personnelle, à caractère politique et/ou idéologique…

Ultime mise au point: si juge il doit y avoir, seuls les faits, rien que les faits, assumeront cette délicate fonction, notes et références à l’appui, sous l’éclairage d’un questionnement pertinent et d’un état des lieux – inutile de le préciser – qui s’impose, maintenant plus que jamais…
Gros plan sur des coïncidences d’où se dégagent et s’imbriquent des convergences… Ainsi se présente le paludisme en cette année 2011: en plaçant la réflexion critique dans une continuité historique, mais aussi en soumettant, pour ainsi dire, nos analyses à une mise en perspective, force est de constater que des faits, pour le moins troublants, et quelque peu intrigants, émergent des profondeurs d’une réalité dont la logique, implacable, s’inscrit résolument dans une dynamique qui relève autant de la constance que de la cohérence, dans ce qu’il y a de plus édifiant, si ce n’est, parfois, de… terrifiant.
Feux croisés sur des faits troublants et intrigants… Au croisement des enjeux de santé et de société, le paludisme n’en finit pas de susciter des interrogations qui, passées au crible d’un inventaire sans concessions, apportent un éclairage, souvent insoupçonné, sur des rapports de force, tels qu’ils se dessinent, voici déjà plusieurs siècles, à une échelle globale et mondiale, le tout sur fond de violence historique. De ce point de vue, quatre faits, si ce n’est davantage, méritent que l’on s’y attarde, histoire d’en tirer des enseignements utiles pour ce futur qui, d’après André MALRAUX, n’est rien d’autre qu’un présent du… passé.
D’emblée, une question, brutale et sèche, se pose et s’impose. Brutale dans sa sécheresse et sèche dans sa brutalité, cette question se décline ainsi: Le paludisme serait-il, à s’y méprendre, une « arme de guerre », à défaut d’être un « instrument de chantage et de marchandage »? Pour ainsi dire, accordons, la « parole » aux faits, pour d’éventuels éléments de réponse à une question, convenons-en, empreinte d’une certaine gravité…
Premier fait, troublant: les principales avancées dans la prise en charge du paludisme, qu’elles soient diagnostiques ou thérapeutiques, se révèlent être indissociablement liées à un contexte historique de conquêtes, d’occupations et/ou de guerres coloniales (1,2). Exemples à l’appui, parmi tant d’autres:
I) l’initiation des Conquistadors espagnols aux « vertus fébrifuges » des écorces de quinquina, au contact des populations indigènes de l’actuel Pérou;
II) l’expérimentation, inaugurale et à très vaste échelle, de la Quinine durant la Campagne d’Algérie (euphémisme servant à désigner la conquête coloniale de ce pays), le "prescripteur-expérimentateur en chef" étant un certain François-Clément MAILLOT (médecin des armées);
III) la découverte à Constantine, encore et toujours en Algérie, du Plasmodium, agent causal du paludisme, chez un militaire français, par un médecin militaire français (Alphonse LAVERAN) en poste dans un hôpital militaire français, dans ce qui était alors l’Algérie française;
IV) la mise en évidence de deux des quatre espèces plasmodiales à l'origine du paludisme par deux médecins militaires américains, le Plasmodium falciparum (l'espèce la plus meurtrière) par William WELCH, et le Plasmodium ovale par John STEPHENS dans une base militaire américaine aux Philippines;
V) l'identification de l'anophèle femelle comme agent vecteur du paludisme par Ronald ROSS, médecin militaire au service de l'Armée Britannique des Indes;
VI) la synthèse de la Mefloquine au plus fort de la Guerre du Vietnam (3), puis celle de l’Halofantrine dans les suites immédiates du même conflit armé (3);
VII) le coup d’accélérateur, ou « coup de fouet », donné aux perspectives de production industrielle des antipaludéens de synthèse (4) pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’Armée Impériale Japonaise ayant entre-temps, et à dessein, coupé les Alliés, Américains et Britanniques en tête, de leur principale source d’approvisionnement en Quinine (en occupant l’île indonésienne de Java, alors colonie néerlandaise, et – cela va de soi – ses riches plantations de quinquina, faisant du paludisme la première arme biologique de l'histoire), source des plus vitales pour leurs colonies ou territoires d’outre-mer, donc – une fois de plus, cela va de soi – pour leurs intérêts économiques perçus sous un angle géopolitique et géostratégique.
Deuxième fait, pour le moins intrigant: la réduction, brutale et significative, des ressources allouées à la recherche contre le paludisme coïncide, curieusement, avec l’accession « en masse » des « anciennes colonies impaludées » à l’indépendance…
Comble d’incohérence sur fond d’injustices: quand bien même les ressortissants des « anciennes colonies impaludées », quoique réputées… « pauvres » du fait de la faiblesse de leur revenu moyen par habitant, contribuent incontestablement aux juteux bénéfices de certains laboratoires pharmaceutiques (nombre d’entre eux étant contrôlés par des anciennes puissances coloniales), en achetant des antipaludéens peu susceptibles de trouver preneur à Nantes ou à Liverpool, ces mêmes laboratoires pharmaceutiques, manque de fair-play des plus intolérables ou inadmissibles, n’ont même pas l’élémentaire « courtoisie », « élégance » ou « gratitude » d’affecter ne serait-ce qu’une infime partie de leurs juteux bénéfices à la nécessaire recherche contre le paludisme. Moralité de l’histoire: les Brazzavillois, Kinois et autres Dakarois, bref des Africains vivant en Afrique, contribuent à financer des travaux de recherche qui ne correspondent pas toujours à leurs enjeux de santé publique, ni du reste à leurs objectifs, ou impératifs, de développement. Ce qui, ma foi, constitue une flagrante entorse à la globalisation des échanges et à la mondialisation de la solidarité. A méditer…
Troisième fait, troublant et intrigant (prolongement direct du deuxième fait): dans ses options comme dans ses orientations, autrement dit dans ses fondements comme dans ses perspectives, la recherche contre le paludisme ne s’accorde pas toujours avec les enjeux, ni du reste avec les défis, du moment. Pire, la situation est d’autant plus déloyale, donc inéquitable et préoccupante, que les centres de décision ne se localisent pas, et loin s’en faut, dans les « pays impaludés » (5). Nouvelle série d’exemples à l’appui, encore et toujours parmi tant d’autres (il y en a tellement, la « pêche » ne pouvant qu’être fructueuse):
I) des sommes importantes sont quotidiennement dépensées en faveur de la chimioprophylaxie d’une poignée de touristes (6) en mal d’exotisme à bon compte (cf. les campagnes d’information massivement financées par des agences de voyage, voire par des compagnies aériennes…);
II) des sommes astronomiques sont actuellement déboursées, et ce depuis longtemps, au bénéfice d’un hypothétique vaccin, dont le bénéfice, paradoxalement, a du mal à prendre corps sous forme de résultats probants (mis à part quelques « primates de laboratoires » de temps à autre immunisés, mais toujours transitoirement, donc – ce n’est pas très glorieux - « inefficacement », le tout, toujours, à grand renfort de tapage médiatico-publicitaire, toujours, cela va de soi, à grands frais…).
Quatrième fait, qu’occultent malheureusement le culte et la culture du non-dit. Troublant reflet, mais aussi « effet collatéral », d’une actualité néo-coloniale qui s’inscrit dans la continuité d’une histoire coloniale, la coopération internationale, qu’elle soit bilatérale ou multilatérale, tend, de facto, à sécuriser ou consolider les débouchés économiques (lucratifs contrats et marchés) des firmes pharmaceutiques des… Etats donateurs de l’aide au développement, dans des pays dits en développement, dont la plupart, notamment ceux d’Afrique, ne disposent virtuellement pas d’une industrie pharmaceutique digne de ce nom. Conséquence inéluctable: dans leur configuration actuelle, la coopération internationale et l’aide au développement contribuent, souvent, à perpétuer des rapports de dépendance, d’assistance et d’assistanat, au préjudice – cela va de soi – des pays dits en développement. A cela, une raison, essentielle: en matière de lutte contre le paludisme, la coopération internationale et l’aide au développement privilégient la mobilisation des ressources, notamment financières, au profit des infrastructures de soins, donc de la médecine curative. Alors que les véritables enjeux et défis se situent au niveau de l’hygiène, de l’assainissement et de la prévention – cf. Malaria Funding Requirements (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
Dans un tel contexte, distribution des cartes dont on ne dira jamais assez qu’elle est défavorable, des initiatives a priori généreuses et séduisantes, telle que la « gratuité des soins contre le paludisme », se révèlent être en pratique des alternatives peu crédibles, parce que… contre-productives: c’est ce que les économistes Friedrich von HAYEK et Milton FRIEDMAN ont jadis qualifié de… « présomption fatale », autrement cette « tendance à causer malencontreusement du tort en voulant au départ faire du bien… » - cf. Paludisme: gratuité des soins en question (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
Y a-t-il un cinquième fait, si ce n’est davantage? Probablement… Ceci dit, je laisse à chacun le choix, libre et responsable – d’où l’intérêt de cet article -, de contribuer à une « traque » - des plus nécessaires et salutaires -, d’où pourraient se dégager, à terme, de nouvelles pistes de réflexion, ainsi que de nouvelles grilles de lecture…
De tout ce qui précède, un constat, autant édifiant qu’écoeurant, s’impose, et se constat se résume ainsi: A ce jour, pas grand-chose, pour ne pas dire – excusez du peu - … rien du tout, n’est dépensé, ni même… pensé, au profit de la promotion d’une gouvernance innovante (7,8):
- capable d’harmoniser les approches préventive et curative dans la cohérence d’une vision d’ensemble;
- en soutien à une prise en charge globale et intégrée du paludisme;
- prenant en compte les véritables enjeux et défis qui, sous nos yeux, s’écrivent actuellement sous la pressante dictée d’une globalisation et d’une mondialisation au pas de charge – cf. Malaria Observatories: Focus on the Millenium Development Goals (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
Ne serait-ce que pour toutes les raisons énumérées ou épinglées ci-dessus, je persiste et signe, en affirmant haut et fort exactement ceci: Au regard de certains faits édifiants et convergents, le paludisme constitue bel et bien un enjeu géopolitique et géostratégique de première importance. En quoi la maladie (le mot n’est même pas assez fort pour désigner le paludisme), dans sa configuration actuelle, reste de nature à mettre à mal, voire en péril, non seulement la santé publique et la sécurité environnementale des pays concernés, mais également, nœud du problème, leur… souveraineté sanitaire. D’où la nécessité, aujourd’hui cruciale et vitale, de mettre sur pied un Observatoire du Paludisme (9), outil incontournable et indispensable à une redistribution équitable et pertinente des cartes. En plus de tenir lieu de plate-forme en appui à des réformes de fond – cf. Governance Reforms: Balanced Approaches to Be Found (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
Pour le « petite histoire », l’Observatoire mentionné à l’instant existe déjà pour le célébrissime SIDA (10,11), fléau dont on ne dira jamais assez, points communs avec le paludisme, qu’il s’agit d’un obstacle à la cohésion sociale et d’une problématique de développement équitable (cf. ONUSIDA).
Soit dit en passant, Chers Lecteurs, le paludisme… tue, et de loin, … « bien » plus que le… SIDA. Pourtant…
Notes et références
1. Voir Paludisme: maladie parasitaire au très lourd passé militaire.
2. See Malaria Politically Strategic Importance.
3. Pour cause de « Chimiorésistance à la Chloroquine » développée par certaines souches de Plasmodium, résistance préjudiciable à la santé de plus d’un GI durant la Guerre du Vietnam, la Mefloquine et l’Halofantrine doivent leur synthèse à un centre de recherche contrôlé par l’armée américaine, c’est-à-dire le WRAIR, ou Walter Reed Army Institute of Research...
4. Entrent dans ce cas de figure, la Chloroquine et l’Amodiaquine, entre autres…
5. Même les nombreuses filiales, notamment africaines, des grandes firmes pharmaceutiques, n’ont pas voix au chapitre, au sein des conseils d’administration…
6. Allons droit au but: ces « quelques touristes » représentent une « goutte d’eau dans la mer », face aux centaines de millions de personnes quotidiennement exposées au paludisme, certaines d’entre elles au risque d’en… mourir, plutôt que de se… divertir (« touristiquement parlant »).
7. Voir Socio-économétrie du paludisme.
8. Voir Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie.
9. Voir Observatoire du Paludisme: enjeux et perspectives.
10. Voir SIDA: incitation et invitation à l’esprit critique.
11. Voir SIDA: baromètre des pressions socio-économiques et des tensions géopolitiques.
19:21 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géopolitique du paludisme, paludisme et enjeux géostratégiques, paludisme et soubresauts historiques, gouvernance du paludisme, paludisme et aide au développement, paludisme et coopération multilatérale, paludisme et coopération bilatérale
23 mars 2011
Paludisme: gratuité des soins en question
Analyses et réflexions du Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)

A ce jour, le paludisme demeure un enjeu de santé publique, un défi de sécurité environnementale, un obstacle à la cohésion sociale, ainsi que, cela va de soi, une problématique de développement durable et équitable (1,2). Ne serait-ce que pour toutes ces raisons, cruciales en elles-mêmes, la maladie mérite largement que l’on s’en préoccupe en s’y attardant, quitte à faire couler beaucoup de salive et d’encre…
Feux croisés sur une question brûlante d’actualité… En apparence provocateur, si ce n’est choquant, le titre de l’article – Paludisme: gratuité des soins en question – n’a cependant rien, alors rien, de fortuit ni de gratuit. D’où cette mise au point inaugurale, ainsi libellée: les lignes qui vont suivre n’ont pas pour but, et loin s’en faut, de… choquer. Pas plus qu’il ne s’agit ici de porter atteinte à la fibre humaniste et humanitaire – ou tout simplement humaine – qui vibre en chacun de nous…
Indépendamment des jugements de valeur et des opinions personnelles, le propos à mettre en relief est de restituer les faits, rien que les faits, dans ce qu’il y a de plus objectif. Passera donc au crible de cet article, la gratuité des soins contre le paludisme, question qui, chauffée à blanc par une certaine fébrilité médiatique, témoigne, le moins que l’on puisse en dire, d’une… brûlante, alors très brûlante, actualité: Objectifs de Développement du Millénaire obligent (2,3)…
Gratuité des soins contre le paludisme: initiative contre-productive… Aussi surprenant et même paradoxal que cela puisse apparaître, du moins au premier abord, il s’avère, après analyses et réflexions, que la notion même de gratuité ne doit jamais, alors jamais, être perçue comme étant – excusez du peu – gratuite. En conséquence de quoi, cette notion quelque peu ambiguë n’en finit pas d’inspirer doute et scepticisme au médecin que je suis. Sous ce rapport, trois raisons principales justifient mon attitude.
Premièrement, la notion de gratuité correspond davantage à un concept et/ou une idée qu’à un fait et/ou une réalité. Pour s’en persuader, rien de plus simple: il suffit de se placer dans une continuité historique qui transcende les frontières géographiques et les clivages idéologiques. Alors, et seulement alors, on peut réaliser, désabusé et parfois comme désemparé, - excusez encore du peu - qu’il y a toujours quelqu’un qui… paie: directement ou indirectement, d’une manière ou d’une autre, qu’on le veuille ou non…
Ce « quelqu’un », Chers Lecteurs, ce sont les Etats concernés, sorte de « portrait-robot » susceptible à tout moment de prendre corps et forme sous les traits du contribuable – y compris le contribuable d’un pays « donateur », notamment quand le financement est assuré par une « aide au développement » (3) qui, loin d’être gratuite, est remboursable, retour à la case départ, par le contribuable d’un pays « récipiendaire ».
Deuxièmement, la notion de gratuité a ceci de dangereux qu’elle expose, à terme, au risque, potentiellement désastreux, de « déresponsabiliser » le citoyen, libre et responsable, que chaque citoyen est censé être. Se profile alors le risque, non négligeable, de bercer, ou de berner, certains contribuables de l’illusion, plutôt facile, qu’il n’y a pas beaucoup d’efforts à fournir ni d’importantes ressources à investir…
Troisièmement, et ici réside probablement le point crucial de l’article, la notion de gratuité expose à un autre risque, majeur celui-là… Lequel? Celui d’occulter, en déplaçant et/ou en déformant les problèmes, les véritables enjeux et défis inhérents à la prise en charge du paludisme.
Brièvement et concrètement, les enjeux et défis à épingler, sans toutefois s’y réduire, gravitent pour l’essentiel autour de l’hygiène et de l’assainissement, c’est-à-dire autour de la sécurité et de la responsabilité environnementales (4).
Paludisme: appel au sursaut et exhortation perpétuelle… De tout ce qui précède, j’ai bien peur que la gratuité des soins contre le paludisme, initiative a priori séduisante, ne soit guère que, pêle-mêle, un cache-misère, un cercle vicieux, une impasse… Quand bien même elle tire son principe et sa justification d’une idée certes généreuse, elle n’en reste pas moins douteuse et coûteuse, voire… désastreuse, en termes de finalités. Autrement dit, cette idée relève en quelque sorte de la « présomption fatale » (5), dès lors qu’elle ne peut pas s’inscrire dans une perspective globale ni prendre appui sur une approche multidimensionnelle (6). D’où cette interrogation de taille: Décréter la gratuité des soins contre le paludisme, n’est-ce pas en fin de compte accepter, et comme s’y résigner, implicitement et inconsciemment, que les gens deviennent malades, en se faisant piquer par des moustiques dans les bas-fonds insalubres de Brazzaville ou de Kinshasa?
Simple tout en se gardant d’être simpliste et simplificatrice, la logique en soutien à cette interrogation-clé est d’une évidence désarmante, édifiante et plutôt terrifiante. D’une simplicité qui ne cède en rien à la facilité, cette implacable logique est ainsi résumée: Les gens doivent au préalable « tomber » malades avant d’accéder aux soins… Pourtant, de nos jours, les armes dont nous disposons pour rompre le cercle vicieux, et s’y affranchir, sont connues. Ces armes ont pour noms: hygiène, assainissement et prévention. Mieux, ces armes sont financièrement et humainement moins coûteuses que les soins. Mieux encore, ces « armes » se paient même le luxe d’être moins coûteuses que la « subtilement dangereuse » gratuité des soins. A partir du moment où, nœud du problème, la « pseudo-gratuité » des soins reste lourdement coûteuse en vies humaines, à défaut de l’être en dollars. Soit dit en passant: en dépit des soins, fussent-ils les plus efficaces qui puissent exister, il y a toujours une « mortalité résiduelle » imputable à des formes de paludisme qui, pour être grav(issim)es, n’en sont pas moins… évitables. Pour peu que l’on s’en donne la peine…
Prise en charge du paludisme: incitation au soupçon d’autre chose et invitation à l’esprit critique… Inutile, en somme, d’en dire davantage à ce sujet, et pour cause: les faits sont à ce point éloquents qu’ils sont de nature à « bien »… parler. Du moins à « parler », pour ainsi dire, d’eux-mêmes. A défaut de conclure cet article, exercice pour le moins aléatoire, si ce n’est périlleux, parce que (7)…
Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Notes et références
1. Malaria Observatories: Opportunity for Development (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
2. Malaria Observatories: Focus on the Millenium Development Goals (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
3. Malaria Funding Requirements (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
4. Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2010).
5. Référence empruntée aux économistes Friedrich von HAYEK et Milton FRIEDMAN.
6. Observatoire du Paludisme: enjeux et perspectives (Michel ODIKA, Projet de société, 2010).
7. La bêtise consiste à conclure (Gustave FLAUBERT).
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27 décembre 2010
Paludisme et assainissement: recours à la socio-économétrie
Analyses et réflexions du Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
En matière de budget d’assainissement alloué à la lutte contre le paludisme, il est désormais grand temps de « gravir » des « échelles de réflexion » - excusez du peu – jusqu’à un… « quatrième niveau de perception ». Pour l’heure, nous en sommes loin, alors très loin, et pour cause: force est de constater, le plus souvent dans les pays qui paient le plus lourd tribut au paludisme (1), que le niveau de réflexion s’est comme figé, au point d’y stagner, « au bas de l’échelle », autrement dit – excusez encore du peu – à un… « premier niveau de perception ».
Pris dans sa globalité, le budget d’assainissement de telle agglomération, municipalité ou commune constitue certes un élément déterminant dans la lutte contre le paludisme. Toutefois, considéré en lui-même, si « astronomique » soit-il, ce budget ne veut pas dire grand-chose: il est pour ainsi dire… « muet », reflétant en cela, non pas les « chiffres de l’hygiène », mais plutôt « l’hygiène des chiffres ». Aussi est-il aujourd’hui amplement justifié de rapporter tout budget d’assainissement à deux paramètres-clés: la superficie et la population de telle agglomération, municipalité ou commune. D’où la nécessité, cruciale, d’élaborer deux nouveaux indicateurs budgétaires susceptibles de restituer les « chiffres de l’hygiène », de « parler » et, ce faisant, de « répondre » à des interrogations de la première importance.
Brièvement et concrètement, les deux nouveaux indicateurs seraient: le budget d’assainissement/km2 et le budget d’assainissement/1000 habitants. Dans le but de mieux cerner l’assainissement d’une localité comme Brazzaville (Congo), un troisième indicateur, le budget d’assainissement corrigé (BAC) – moyenne impliquant le budget/km2 et le budget/1000 habitants – pourrait s’avérer utile et, comme les autres indicateurs, avoir un intérêt comparatif…
Une fois mis au point, les indicateurs énumérés ci-haut permettraient aux uns et aux autres de parler le même langage en matière d’assainissement. Mieux, ces indicateurs auraient vocation à servir de point d’appui (2,3):
- à des études d’impact sur les ratios de mortalité et les hospitalisations (nombres et coûts) directement liés au paludisme;
- à des réajustements budgétaires;
- à l’anticipation des efforts ou objectifs budgétaires;
- à la définition ou délimitation de « seuils budgétaires critiques » (4).
Aujourd’hui plus que jamais, une évolution en termes d’échelles et de perceptions s’impose. Toutefois, le « saut conceptuel » à espérer ne saurait s’opérer sans l’apport, décisif, d’un Laboratoire de socio-économétrie (2) faisant office de moteur d’un Observatoire du Paludisme (5). A cette fin, les pays les plus concernés n’ont d’autres choix que celui, nécessaire et salutaire, de développer de puissants outils de modélisation mathématique, d’analyse statistique, d’expertise environnementale, d’ingénierie financière… Ainsi que – cela va de soi – des logiciels de simulation informatique, à des fins de projections et de corrections, de la dynamique sanitaire, sociale et économique du paludisme.
Tableau récapitulatif…
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Budget d’assainissement global (BAG)
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1er Niveau de perception
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Budget d’assainissement/km2
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2e Niveau de perception |
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Budget d’assainissement/1000 habitants
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Budget d’assainissement corrigé (BAC)
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3e Niveau de perception
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Seuil budgétaire de couverture idéale (SBCI)
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4e Niveau de perception |
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Seuil budgétaire de couverture optimale (SBCO)
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Seuil budgétaire de protection idéale (SBPI)
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Seuil budgétaire de protection optimale (SBPO)
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Notes et références
1. Assainissement: vers une nouvelle donne (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2010).
2. Socio-économétrie du paludisme (Michel ODIKA, La Libre Belgique, Bruxelles, 2010).
3. Malaria funding requirements (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2010).
4. A promouvoir
Seuil budgétaire de couverture idéale: seuil critique et en-deçà duquel les hospitalisations liées au paludisme augmenteraient d’au moins 5%.
Seuil budgétaire de couverture optimale: seuil critique et en-deçà duquel les hospitalisations liées au paludisme augmenteraient d’au moins 10%.
Seuil budgétaire de protection idéale: seuil critique et en-deçà duquel les ratios de mortalité liés au paludisme augmenteraient d’au moins 5%.
Seuil budgétaire de protection optimale: seuil critique et en-deçà duquel les ratios de mortalité liés au paludisme augmenteraient d’au moins 10%.
5. Observatoire du Paludisme: capital au service d’un idéal (Michel ODIKA, Projet de société, Congo-Brazzaville, 2010).
12:10 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paludisme, gouvernance du paludisme, laboratoire de socio-économétrie du paludisme, observatoire du paludisme
20 décembre 2010
Observatoire du Paludisme: architecture et infrastructure du futur
Projet écrit et transmis par le Docteur Michel ODIKA (Congo-Brazzaville)
Le chemin se fait en marchant (Jean-Paul SARTRE, philosophe et dramaturge).
Feuille de route à dérouler en trois tableaux de bord
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Observatoire du Paludisme
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Echelles de perception
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Architecture |
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Aperçu global
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Infrastructure |
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Aperçu mondial
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Echafaudage pratique en phase de montage théorique
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Echelles de perception |
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Fait & Réalité (Anticipation) |
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Plate-forme de mise en perspective
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Plate-forme d’analyse et d’expertise
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Idée & Concept (Point d’appui) | |
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Plate-forme évolutive et interactive
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Plate-forme de réflexion et d’action
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Fait & Réalité (Projection) | |
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Plate-forme en appui à des réformes
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Aperçu global |
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Idéal réaliste |
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Aperçu mondial |
Acclimatation régionale à l’agenda international du développement
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Idéal réalisable |
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Projet en phase avec les Objectifs de Développement du Millénaire (New York, Septembre 2000)
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Au total…
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- Initiative citoyenne à concrétiser en directive politique - Alternative de prise en charge à inscrire dans une perspective d’économies d’échelle
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Echafaudage théorique en attente de montage pratique
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Echelles de perception
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La première des réponses à une question est de la poser (Marguerite YOURCENAR, romancière)
La meilleure manière de poser une question est de lui opposer d'autres questions (Joseph STIGLITZ, économiste)
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Plate-forme de mise en perspective - Appel au sursaut - Exhortation perpétuelle - Incitation au soupçon d'autre chose - Invitation à l'esprit critique
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Plate-forme d’analyse et d’expertise - Enjeu de santé publique - Défi de sécurité environnementale - Exigence de cohésion sociale - Impératif de développement durable et équitable
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Plate-forme évolutive et interactive - Renforcement des capacités - Capacités de renforcement
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Plate-forme de réflexion et d’action - Modèle innovant de gouvernance et de leadership - Gage de sécurité et souveraineté sanitaires - Dynamique de développement et de progrès en temps réel - Initiation à la démocratie représentative et participative - Garantie d'adaptation aux enjeux du moment et du futur
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Plate-forme en appui à des réformes - Gestion sécuritaire de la politique sanitaire d'un pays - Gestion globale et intégrée de la politique d'assainissement - Renforcement des articulations et interactions entre santé publique et sécurité environnementale - Modèle de gouvernance susceptible de profiter à d'autres enjeux de santé et de société
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Aperçu global |
- Collaboration et participation des acteurs - Coordination et intégration des activités - Anticipation et innovation en temps réel - Efficacité et rentabilité des stratégies de lutte
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- Modernité et modernisation - Prise en charge globale et intégrée d'une problématique de développement - Gestion collaborative et participative des ressources - Disponibilité et accessibilité en temps réel des ressources - Réduction à moindre coût des ratios de mortalité et des hospitalisations
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Aperçu mondial |
Acclimatation régionale à l’agenda international du développement
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Projet en phase avec les Objectifs de Développement du Millénaire (New York, Septembre, 2000)
- Objectif I: Réduction de la pauvreté - Objectif IV: Réduction de la mortalité infantile - Objectif VI: Lutte contre le... paludisme - Objectif VII: Sécurité & Responsabilité environnementales - Objectif VIII: Partenariats pour le développement
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Au total...
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- Pari à faire - Carte à jouer…
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10:43 Publié dans Développement durable et équitable, Intégration et cohésion sociales, Santé publique, Sécurité et responsabilité environnementales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paludisme et développement durable, paludisme et développement équitable, paludisme et intégration sociale, paludisme et cohésion sociale, observatoire du paludisme, gouvernance du paludisme






